Mon expérience avec l’association ‘Tamil Nadu Village Outreach (TNVO)’

Sophie Marquet, teacher and students at Ellandoppu Village
Sophie Marquet, teacher and students at Ellandoppu Village, Tamilnadu India

J’ai participé pendant un mois (Janvier 2012) au projet communautaire de l’association ‘Tamil Nadu Village Outreach en ’Inde du sud. Ce projet créé il y a 7 ans par John(USA “South Asian Village Empowerment Intl “)  et Sonny (Inde), a été mis en place principalement pour aider les communautés pauvres, dites « intouchables », autour de la petite ville de Mamallapuram, près de Chennai, la capitale de la région.

Le projet vise particulièrement à aider les enfants des villages défavorisés en leur assurant une aide aux devoirs gratuite dans un local privé après l’école, et une préparation plus intense pour leur examens. Ici, l’éducation tient une très grande importance. Il faut avoir de très bonnes notes aux exams pour espérer être sélectionné à l’université, et aspirer à obtenir un travail décent. Dans ces villages, les parents sont souvent illettrés et ne peuvent pas toujours aider leurs enfants.

Primary school students at Salavankuppam Village Government School
Primary school students at Salavankuppam Village Government School

Le projet TNVO a donc pour but d’aider les enfants à obtenir de meilleures notes afin qu’ils puissent continuer leur éducation à l’université, comme les enfants des classes plus aisées.

Il y a au total 22 centres d’aides aux devoirs, dispersés dans plusieurs villages. Les professeurs, également issus des communautés locales, assurent un suivi scolaire gratuit à une vingtaine d’enfants, pendant environ 2 à 3 heures après l’école. Environ 450 enfants par jour sont concernés par le dispositif.

A local teacher and I discuss a library book while some Evening school student look on
A local teacher and I discuss a library book while some Evening school students look on

La démarche a déjà fait ses preuves. Les résultats aux examens de ces communautés se sont fortement améliorés et les enfants se sentent plus valorisés. Peut-être enfin l’espoir de pouvoir aspirer à une meilleure vie future.

 

Durant la journée, ces centres sont utilisés par la communauté, les femmes viennent y apprendre à broder et coudre. L’opportunité pour elles de pouvoir vendre leur propre création de vêtements, plus tard, si elles le souhaitent.

 

Le projet est essentiellement financé par des dons privés et des Organisations Non Gouvernementales (NGO) européennes et américaines. L’argent reçu sert principalement à construire et entretenir les bâtiments pour accueillir les enfants. Il permet aussi d’acheter des batteries pour assurer l’électricité lors des coupures de courant qui sont très fréquentes ici. En général, il n’y a pas de lumière entre 18 et 20 heures (économie d’électricité oblige). Cela ne facilite guère les études.

Les dons sont également utilisés pour diverses raisons : sponsoriser l’installation de canalisation permettant l’accès à l’eau potable d’un village, l’installation de WC dans l’école, ou de balançoires dans la cour. etc..

Il est également possible de parrainer un enfant et ainsi garantir son éducation. En moyenne, l’éducation d’un enfant dans une école publique coute environ 35€ par an.

Mon point de vue

Pendant cette trentaine de jours passés aux côtés des enfants, et des villageois, possédant très peu mais pourvus d’une grande richesse intérieure, je me suis rendue compte à quel point la société indienne, basée sur le système des castes ou communautés, est injuste et ne valorise pas le mérite.

J’ai visité plusieurs centres d’études. Et le seul fait de voir le sourire aux lèvres de ces enfants et leur reconnaissance envers leur professeur m’a tout de suite assuré que le projet de TNVO est plus qu’un simple projet communautaire et qu’il a un fort impact sur la vie future de ces enfants.

Les volontaires à long terme sont les bienvenus pour apporter leur aide, notamment pour l’enseignement de l’anglais. Et pour ceux qui ne peuvent pas venir si loin, le projet recueille dons et subventions et fournira un rapport prouvant l’utilisation de ce don.

Local school teachers, volunteers, and C. John Degler from South Asian Village Empowerment Intl appear her with me at the Salavankuppam Government Primary School

John et Sonny sont vraiment dévoués à leur projet qui les passionne et qui leur demande beaucoup de temps personnel. Je n’espère qu’une chose : que le projet TNVO se poursuive et qu’il continue à ouvrir de nouvelles portes à ces enfants des villages.

Sophie Marquet
seauseau@hotmail.com

Photographs and English captions by C. John Degler
curt.degler@gmail.com